Le Non Dit de Psychanalyse
L’Oedipe de la Praxis
“La Logique du Concret ” ( 1974 )

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Ceci est un extrait de ” La Logique du Concret” de Christian Riochet, étude de “l’Être et le Code”., p 107 – 109  ( Problématique I 2 – 1 ) 

Cela renvoie à l’analyse du livre 2 de “l’Être et le Code” – la Génétique du Sujet. 

S.B.

 

 

La psychanalyse : de Freud à Lacan

Qu’est-ce que la psychanalyse ?

Elle est émancipation, régulation et histoire du sujet.

Comme émancipation, elle est au service du fils. Elle permet de situer le relationnel avec le père. Elle permet de liquider le péché. De ce point de vue, elle est désaliénation. La psychanalyse se justifie à ce niveau. Elle répond à la question : comment vivre sans religion et sans morale ?

Comme régulation, elle est au service du père. Elle permet de normaliser la consommation, de réguler et de régulariser. La psychanalyse se justifie encore à ce niveau. Elle répond à la question : comment équilibrer la consommation ?

Comme histoire du sujet, elle a été une révolution épistémologique. Le sujet est connu et reconnu dans son historicité. Les rapports avec la mère, le père, la praxis qu’est le jeu, la sexualité, autant de mérites à lui reconnaître.

Quel est le non-dit de la psychanalyse ?

La psychanalyse est d’abord le contrepoint du marxisme. Marx donne au prolétariat la raison dialectique, il propose au producteur la révolution. Freud offre la régulation de la consommation à ceux qui consomment. La psychanalyse arrive au moment historique où la bourgeoisie nouvelle veut se couper de la vieille bourgeoisie et du prolétariat. Elle permet cette coupure. Elle est émancipatrice. Elle fournit le contenu de l’idéologie du parasitisme. Elle est politiquement aliénée.

Si elle désaliène du péché, de l’ancienne bourgeoisie religieuse, elle autorise la consommation sexuelle, fait de classe. La psychanalyse fonde une historicité parcellaire du sujet. Elle hypostasie un moment du sujet : l’organico-affectif.

Elle voudrait renverser la relation dialectique et donne le sens par l’antéprédicatif. Ainsi, elle explique le comportement politique des adultes par les fixations organico-affectives. Mais ces fixations ne sont que l’actualisation par le sujet du relationnel des parents. Les comportements adultes expliquent les fixations. Et ces fixations sont de plus anté-sexuelles et non issues de la sexualité.

Le moment de la sexualité, derniers moments du sujet, n’autorise que les ultimes fixations, non les premières.

Le corps-sujet, dans le champ de l’organico-affectif, a déjà acquis des conduites fondamentales qui sont constitutives du relationnel des parents. Le corps se culture pour que le sujet en surgisse.

La psychanalyse truque le moment de l’Œdipe et l’exploite politiquement. L’Œdipe n’est en effet qu’un accident du politique. Dans le champ de l’organico-affectif, la dialectique désir-satisfaction est perturbée par le père, certes. Mais c’est que le père impose le contingentement de la consommation. Il impose la dynamique du relationnel, le progrès dans le concurrentiel. L’Œdipe est un simple événement du devenir du sujet, un accident nécessaire de sa genèse.

L’exploitation exorbitée de l’Œdipe par la psychanalyse est un abus politique. Il marque le mépris du sérieux réclamé par le père, il est l’arme qui éternise – après l’avoir inventée – le conflit des générations.

Le refoulement est dans la logique [ politique ] du relationnel, condition du progrès, non son arrêt.

 

Quel est l’acquis épistémologique [ de la psychanalyse ] ?

Positif, il est l’avènement d’une étude du sujet.

Négatif, il dit que la psychanalyse est régulation de la situation de classe, régulation du sujet de classe et non du sujet universel.

La psychanalyse ignore la référence : la praxis.

Elle est un modèle qui permet et réhabilite cette occultation.

 

La coupure radicale avec la psychanalyse se fait sur le problème de l’Œdipe.

 

 

Christian Riochet, 1974