Corps-Sujet signifieur
et Modèle d’Ensemble Logico-historique

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Nous proposons ce schéma très allusif et non exhaustif (!) pour étudier “l’Être et le Code” 

Comment lire ce schéma ? 

Ce n’est qu’un schéma, allusif, “symbolique” … mais il pourra aider dans un premier moment. 

 

Il se lit du haut à gauche vers le bas à droite.

Tout part de Kant pour des raisons historiques, car Kant initie l’épistémologie de la modernité après Rousseau. Mais il donne lieu à deux orientations différentes : l’une néo-kantienne, l’autre dialectique.  Et ce schéma tente de réunir les composantes qui expliquent la “genèse” et la “structure” de “L’Être et le Code” ( pour paraphraser le titre de l’étude de Jean Hyppolite sur “La phénoménologie de l’esprit” de Hegel )  On pourrait l’appeler de Kant à Clouscard, mais après Rousseau, après Hegel, après Marx et après Lénine. 

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 D’un point de vue de la compréhension, ce schéma propose autant une genèse historique de “L’Être et le Code” par les différentes oppositions et apories de l’entendement après Kant qu’un exposé des composantes constitutives de “l’épistémologie du code”. Les contradictions de la rationalité renvoient à celles du réel ( donc les rapports de classes) et les contradictions du réel appellent le dépassement des oppositions dans la rationalité, historiquement produite. 

Pour comprendre “l’épistémologie du code” chez Clouscard, clé de voûte de la critique du néo-kantisme, mais aussi “lieu de réconciliation de Marx et de Hegel”, schématiquement, il me semble qu’il y a deux composantes à articuler et à mettre en relation pour saisir l’organisation du discours de Clouscard, et plus spécifiquement sa méthode. 

1 ) le corps-sujet signifieur     :  la problématique, tirée de la critique de l’épistémologie bourgeoise et de l’anthropologie libérale. 

2 ) le modèle d’ensemble logico-historique : le cadre théorique pour penser la génétique du “corps-sujet signifieur” par l’histoire de l’ontologie sociale, des rapports de classe. 

A savoir 

1 ) les rapports de classe produisent l’être social et l’entendement. Donc la classe savante, historiquement la “bourgeoisie de robe”, opère une saisie déterminée du réel à partir du développement historique. La relation entre le réel et le rationnel ne s’opère que partiellement, à partir du vécu des rapports de classe qui limite l’entendement réflexif des classes savantes. L’analyse des productions conceptuelles du corps-sujet historiquement produit conduit au concept d’un “corps sujet signifieur”, qui consomme sans produire et donc signifieur des rapports de classe en dernière instance

2 ) On ne peut comprendre la mise en place du modèle d’ensemble logico-historique hors du projet de critique du néo-kantisme mais aussi comme dépassement du rejet de l’hégélianisme par le marxisme.  Plus on travaille, le modèle d’ensemble logico-historique, plus il propose  un cadre théorique pour opérer la synthèse dialectique entre Hegel et Marx. 

Alors, “L’être et le code”  et plus spécifiquement “l’épistémologie du code” peuvent se penser comme la rencontre des problématiques politiques et gnoséologiques du “corps-sujet signifieur”  et du cadre général du modèle de “l’ensemble logico-historique” pour établir la généalogie des rapports de classe, de la subjectivité néo-kantienne, les limites de la pensée dominante des moeurs, des classes sociales, de la raison .. 

Clouscard met alors en place une méthode pour décoder l’entendement néo-kantien et retrouver l’unité de la conscience synthétique proposée par Rousseau. Il ne s’agit pas de décoder seulement le néo-kantisme, mais de comprendre comment révéler ce qui est occulté par les rapports de classe et leur codage. Ainsi, apporter le savoir du savoir de classe à la classe ouvrière. 

Dévoiler d’une façon plus rigoureuse le non-dit et le non-su de l’histoire des rapports de classe pour penser les limites historiques de l’entendement …. collectif. 

Ces propositions encore schématiques ne sont qu’une étape didactique dans la discussion du sens politique et concret des oeuvres. 

S.B.