“L’individualisation est opportunisme”
Etre&Code 3 – II – Le parcours de l’entendement

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Alors que Clouscard pense l’apparition de l’Etat Nation, il analyse l’alliance progressive entre une monarchie qui va devenir absolutiste et la bourgeoisie gestionnaire qui s’affirme dans la praxis globale de l’exploitation méthodique du monde rural.  Progressivement, la bourgeoisie régionale du fief parviendra à  la bourgeoisie de robe par alliance et mariage avec une noblesse soucieuse de “redorer son blason” ).

Dans ce contexte, la classe noble va être marginalisée et donc se métamorphoser pour survivre.

 La praxis première, “étymologique”, la force armée des chevaliers est niée par l’Etat Nation royal qui s’appuie sur la bourgeoisie pour développer notamment le commerce, l’artisanat, la production …. l’exploitation.  La praxis guerrière autrefois nécessaire à la pacification par la force n’est plus nécessaire dans un relationnel qui va conduire à l’éviction de la Noblesse de la Praxis Globale

“Cette période de l’ambiguïté institutionnelle est pour la noblesse passage de l’âge des mérites à l’âge des privilèges. Ce n’est pas encore la subordina­tion totale au pouvoir royal (courtisanerie de Cour). Mais ce n’est plus le « qui t’a fait roi » mais le « qui t’a fait comte » qui fait la légitimité. (Le repère empirique de ce tournant serait le règne de Philippe Auguste vers 1215.). Cette période de l’ambiguïté institutionnelle est pour la noblesse passage de l’âge des mérites à l’âge des privilèges.

(…) La spécifi­cité régionale s’efface devant la commune problématique de la gestion du monde rural. Multifonctionnelle, maintenant, car étendue à une multitude d’exploitations, cette exploitation a besoin d’une spécialisation, au niveau de la gestion, qui autorise une « planification » mais selon des directives qui universalisent au-delà des vocations régionales (intendants, gouverneurs, etc.). Ainsi le suzerain perd sa justification (centralisation maximum) au profit d’une autre fonction, dans une autre praxis (inter-relationnelle). Et, par exten­sion, il a le monopole de tous les offices (commandement guerrier en parti­culier) qui rappellent les diverses vocations de sa praxis. 

(….)Mais dans cette période (qui va approximativement de Philippe Auguste à Louis XIV) la décadence du sérieux féodal (de culture cellulaire) se tempère d’un sérieux du service royal (c’est-à-dire public).

Si le noble n’est plus le suzerain, ce n’est pas encore seulement le courtisan. Et si ses mérites se prolongent dans des privilèges ceux-ci sont encore ceux d’une praxis ; un service public qui n’est plus au ser­vice de l’intérêt privé.”

Clouscard analyse alors le phénomène des duels, évolution dialectique du tournois féodal. Les enjeux de cette violence ritualisée entre membres de la noblesse ne sont plus du tout les mêmes. En réalité, alors qu’il existait une “unité de classe” qui aurait interdit tout recours au duel pour les chevaliers, l’évolution et la marginalisation progressive de la noblesse dans la praxis globale conduit à la rivalité pour les “préseances”, c’est à dire l’affirmation symbolique d’un statut dans un ordre hiérarchique. 

L’ordre de préséance est l’ordre hiérarchique selon lequel  une personne est placée par rapport à l’autre. Cet ordre peut concerner l’ordre des personnes lors des cérémonies officielles en présence de la famille royale par exemple, ou celui de l’utilisation des médailles et ordres honorifiques.

Il est souvent différent en fonction du contexte interne d’un pays ou d’une organisation. La position d’une personne ou d’un élément dans l’ordre de préséance n’est pas forcément une indication sur son importance réelle, mais résulte plutôt d’une pertinence cérémoniale ou historique.

”  La vertu étymologique, le courage, c’est-à-dire l’affrontement de la mort pour justifier la participation à la classe dominante, car classe en dehors de la nature, dans l’intemporalité d’une domination qui se veut définitive, éternelle, va se tourner contre la noblesse, dans le processus d’autodestruction qu’est le duel.

Déjà le tournoi était la transformation de la guerre en jeu sous les dehors de la préparation militaire. C’était un rac­courci symbolique de l’affrontement chevaleresque mais en dehors du con­texte historique et en dehors de l’affrontement de la mort. Il a, originellement, au moment de la guerre entre féodaux, le rôle de la préparation au combat. Il est moyen d’une fin, la guerre. Mais la guerre entre féodaux étant dépas­sée, le tournoi, de moyen deviendra fin. La décadence du guerrier apparaît dans la préparation non à la guerre, mais au tournoi. L’affrontement guer­rier devient un spectacle, un moyen de briller devant les dames. Le panache se substitue au courage, le mérite du guerrier devient le mérite ludique d’un acteur. (… ) 

 L’affir­mation du paraître est un processus de destruction de l’être. Mais si la gravité de l’affrontement prouve le courage, cette gratuité des motivations prouve aussi l’impuissance de classe de la noblesse. Elle ne se bat plus pour des con­quêtes, mais pour des préséances. La noblesse ne peut s’inscrire dans le con­currentiel de la praxis de l’Etat royal-bourgeois, et ce concurrentiel devient autodestruction quand il ne peut plus s’exercer que dans une classe.

Ainsi de l’action étymologique il ne reste qu’un beau geste, un savoir-vivre qui n’est plus que la grâce de mourir. La preuve par la mort est la dernière preuve, mais la plus belle. “

La pseudo-lutte des classes de la Fronde   présente bien des analogies avec les événements de Mai 68. 

Alors, Clouscard analyse cette  violence individualisée comme l’expression esthétique de l’opportunisme de la classe féodale qui s’adapte à la marginalisation de sa fonction originelle. Par les duels, qui avaient pu être présentés comme des pratiques irrationnelles, la classe féodale réinvente les rites permettant de justifier son intégration à l’hiérarchie de classe de l’exploitation de l’homme par l’homme.  L’esthétique de la vie de cour régionale, dans le château du suzerain, figure incontestable d’une alliance militaire et social hiérarchisé entre le “roi” et les “seigneurs” se métamorphose, se réinvente : c’est l’esthétique de l’intrigue de membres de la noblesse qui développent une stratégie ambigüe, opportuniste :  “dans le micro relationnel, esthétisme de l’intrigue, dans le macro-relationnel, le double jeu de la Fronde

” Nous insistons sur cette période de la Fronde car sa pseudo lutte des classes présente bien des analogies avec les événements de Mai 68. 

Cette esthétisation de la vertu guerrière s’accomplit dans le dépaysement, l’exil, de la cellule rurale : à la Cour. Cette localisation, ce véritable trans­fert de population, précipite le passage de l’indépendance à la subordination, du sérieux féodal à la frivolité du courtisan. La cour, de régionale, devient na­tionale. Ainsi s’efface la dernière suzeraineté, qui autorisait encore le prolonge­ment du chevaleresque, mais dans l’élargissement de la vie publique. Et si la vie publique neutralisait l’autorité politique du suzerain c’est par le consen­tement, sur le plan des rapports privés, à la culture de la nature définie par la toute puissance féodale.

Mais le transfert de la cour (du suzerain) à la Cour royale détruit la dernière relation de réciprocité, le dernier lien culturel de la féodalité. Entre le roi et les courtisans, il n’y a plus ce lien de réciprocité, de quasi neutralisation de l’autorité politique par la culture de cour. C’est que le service du roi n’est plus privé, n’a plus ce caractère semi-familial, qui, par la domestication, prolongeait la reconnaissance du vassal de la considération due au noble pour son service d’entre-guerre. A la Cour, la vie publique (reflet du service national) triomphe des derniers prestiges poli­tiques de la féodalité : la courtisanerie est égalitaire des mérites. Et ne peut même pas se maintenir la préséance dynastique qui doit s’incliner devant le favoritisme, que l’arbitraire royal dispense en arguant de nouveaux méri­tes d’après les critères de la praxis d’Etat.

Aussi l’esthétisme de cour devient esthétisme de l’intrigue : la politisa­tion valorisante de l’individu de cour n’est plus qu’opportunisme, jeu de factions, stratégie de coteries. Sur le plan historique, la Fronde marquera le passage de l’esthétisme du chevaleresque à l’esthétisme de l’intrigue, la cassure définitive du sérieux féodal et sa désagrégation en un maniérisme de classe qui n’exprime plus rien en dehors de sa formalisation, qui ne renvoie à aucun fond. La Fronde est le dernier affrontement chevaleresque, féodal, et qui se détruit lui-même par l’expérience des nouvelles modalités des affrontements sociaux. La guerre, dans la lutte politique, ne résout plus rien. C’est que la contradiction originelle est dépassée ; la guerre ouverte, la guerre civile est devenue surannée parce que l’ambiguïté institutionnelle est déjà solidement implantée et les conflits ne font que survivre à leurs solutions.

La guerre, dans la lutte politique, n’est plus qu’un moment de la stratégie. La victoire peut être un piège car la victoire guerrière peut cacher la défaite politique. Aussi la guerre devient-elle un jeu ; elle n’est plus qu’un moment de la stratégie, une feinte… Et à ce moment historique, les rapports de forces, entre noblesse, royauté, bourgeoisie sont comme à un moment d’équilibre qui ne permet pas la victoire définitive d’un parti, qui serait comme le moment le plus précis du passage de l’ambiguïté conflictuelle à l’ambiguïté institutionnelle, tant la guerre ne résout rien, est un continuel renversement d’alliances, d’une fluidité d’intentions qui ne peut assurer la continuité de l’action. Et si se maintient la permanence du conflit, dans la contradiction non plus des partis mais du conflit lui-même, qui se désagrège par lui-même, c’est qu’il a trouvé un support structural, institutionnel qui va autoriser le dépassement de ce conflit ouvert par sa consécration dans l’ambiguïté insti­tutionnelle. A ce moment la noblesse peut jouer à la guerre, car d’une part sa continuité est garantie, son existence n’est pas mise en question, et par ailleurs la guerre lui permet d’assurer stratégiquement ses positions avan­cées. La guerre ne peut être ni gagnée, ni perdue, elle devient donc inutile, mais comme l’institutionnalisation, la structuration sociale qui assurera la continuité des privilèges n’est pas encore implantée, la guerre continue, car seul moyen d’expression. Et c’est la noblesse qui veut, comme moyen d’action, expression d’indépendance, la situation qui consacre son recul historique, car elle se bat pour sa situation dans la praxis nationale, ayant déjà elle-même délaissé sa culture originelle. Ainsi l’esthétisation est dans cette incertitude de la praxis, dans l’attente d’une action qui réconcilierait l’action de classe et l’action collective, et, dans cette attente, l’essai, individuel, opportuniste, incer­tain, de profiter des deux praxis, selon l’aménagement ambigu des temporalités, qui doivent assurer la progression parallèle des deux perspectives, le vir­tuel étant le réel de demain.

L’esthétisme est l’adaptation d’abord à un cheminement parallèle mais aussi aux contradictions qui surgissent entre les deux praxis. Mais alors que la tradition chevaleresque ne peut s’adapter au non-dit, au mensonge, l’in­trigue s’alimente de l’ambiguïté, affirme son talent dans le paradoxe qu’est le cheminement parallèle des contradictoires, et profite de l’inéluctable ren­contre de ces contradictoires. Mais alors, que ce soit la praxis féodale qui triomphe de la praxis nationale, ou l’inverse, c’est toujours dans le proces­sus de désagrégation d’un sérieux que s’affirme l’action individuelle. Et c’est ce processus de désagrégation qui réduit l’action à un esthétisme, car désagrégation de la praxis qui substantialise le sérieux. Et l’esthétisme de l’intrigue est pris au piège, car, pour miser sur une praxis, il doit détruire en lui l’autre praxis, comme gage du nouvel engagement. L’esthète de l’intrigue se détruit en s’affirmant. Et cette « néantisation » doit être totale : la neutrali­sation des trois forces, qui autorise la floraison de l’événementiel, c’est-à-dire des tentatives sans continuité, sans cohésion, sans dynamisme, tentatives de groupes, coteries, individus, pour s’assurer, justement à partir de ce désordre, un avantage personnel, entraîne par opportunisme, la réversibilité des options, le retournement des alliances, la surenchère des propositions contraires. Aussi l’esthète de l’intrigue après avoir nié pour affirmer, affirme ce qu’il a nié. La substantialité est totalement détruite, et par lui-même. Les deux modes qui constituaient cette substance, à tour de rôle, se détruisent réciproquement. Ne reste que la conduite, le comportement individuel, l’individualisme (gran­des individualités de la Renaissance, personnalités de la Fronde, etc.).

Le comportement individualiste est alors définissable par la destruction réci­proque des praxis collectives. Ainsi l’action, mais individualiste, retrouve le potentiel qui n’était possible qu’aux débuts de la féodalité : la contradiction des deux praxis collectives est le champ d’action de l’individualité. Le moment d’équilibre des praxis ouvre à l’action individualiste un double champ d’action. C’est que l’intrigue (à la limite) peut autoriser la remise en question de la hié­rarchie consacrée par le système royal, en restaurant le système féodal dans son opposition inconditionnelle à l’autorité royale, en restaurant la régio­nalisation, aboutissement de la praxis féodale dans son effort d’étatisation de la région par opposition à l’état royal. Par contre la praxis royale auto­rise aussi un renouveau de la vertu guerrière au service de la gloire nationale (des grands chefs de guerre aux mousquetaires, la promotion che­valeresque se hiérarchise dans les valeurs nationales).

Ce qui assure la potentialité énorme de l’action individualiste, ainsi que la diversité de ses expressions, c’est ce cheminement parallèle des praxis, et leur intrication en ces moments qui autorisent la continuité de l’action individuelle par la paradoxale discontinuité des praxis.

La ludicité de l’intrigue est donc promo­tion de l’individualisme car continuité d’un comportement personnel par la déstructuration réciproque des comportements collectifs.”

Machiavel comme théorie du comportement de classe. 

Et pour aller encore plus loin, Clouscard va démystifier la pensée de Machiavel, en la situant dans son contexte historique et dans sa fonction spécifique de théorisation de la nouvelle situation de classe de la noblesse désagragée dans l’individualisme.  “Selon notre méthode nous replaçons une idéologie constituée, une œuvre théo­rique, une œuvre exemplaire, dans ses déterminations socio-culturelles.”

La pensée de Machiavel n’est qu’un moment dialectique dans le savoir de classe et l’opposition entre la morale et la politique n’est qu’un empirisme nécessaire à la gestion d’une structure particulière de la société de classe. 

“De l’empirisme au système : le machiavélisme” est analysé par Clouscard  comme “théorie du com­portement”, expression de la stratégie individualiste possible au service du Prince. La tendance sociologique qui travaille la pensée de Machiavel est “l’adaptation de l’ordre féodal au concurrentiel bourgeois et à la centralisation du Royaume” La remise en cause du néo-kantisme (!) de Machiavel par Clouscard conteste donc à l’auteur du “Prince”  l’expression de “l’essence” du réalisme politique. Le réalisme politique de Machiavel ignore qu’il ne théorise que l’existence transitoire de la société de classe et son système hiérarchique. S’il est encore opératoire de nos jours, c’est parce qu’il existe des analogies entre la société d’Ancien Régime et la société de classe, notamment dans la conflictualité interne des clans impérialistes possédants.

La justification individualiste sera la politisation de l’éthique féodale. Est valable pour toute la noblesse l’adaptation au monde bourgeois et à l’autorité royale ; la noblesse subit un concurrentiel dont elle ne définit plus les modalités. Aussi, pour survivre, doit-elle rendre civile (au sens de politique) la réglementation guerrière d’un concurrentiel.

Mais alors l’honneur, qui garantissait l’homogénéité de classe cède devant la nécessité de survivre ; l’empirisme et le pragmatisme sont admis comme principes de comportement social. Il n’y aura pas une action individuelle qui se ferait contre des représentations de classe, collectives, et qui serait un infléchissement passager et particulier à partir d’un système régulateur, qui rejetterait alors, provisoirement, l’individu et ne le reprendrait qu’après sa con­trition, mais une pluralité d’actions individuelles qui ne trouvent plus les forces coercitives en même temps que directrices qui assuraient la cohésion et l’homogénéité de la noblesse. Mais ces actions individuelles ne peuvent se faire que dans un contenu de classe, en référence aux fins et moyens élaborés, au cours de l’histoire par cette classe.

Aussi l’individualisme doit conserver ce qu’il doit détruire et, suprême reproche, il ne détruit le chevaleresque que par le chevaleresque. Autrement dit, dans la désagrégation de classe par l’individualisme, il s’agit d’une auto­destruction : l’individu ne survivra que dans la mesure où il détruira sa classe. Au concurrentiel interpersonnel, entre nobles, correspond le conflictuel de la conscience pratique, individualiste, et de la conscience de classe.

Aussi, si l’individualisme se justifie par la nécessité pratique il tombe dans la mauvaise conscience, la contradiction. Et cette mauvaise conscience d’ori­gine politique, est aussi mauvaise conscience morale, car la justification de l’apogée de la classe, était aussi justification de la domination de classe, de la répartition de classes qui assurait la meilleure praxis collective. Mais cette mauvaise conscience reste encore un non-dit ; elle n’a pas un potentiel d’inhibition, au moment de l’ambiguïté conflictuelle, car l’action assure la constante domination de l’individualisme sur la négation.

Aussi, en dernière analyse, la dernière justification et la dernière réalité de l’individualisme est l’action, qui maintenant l’ambiguïté entre deux cultures, prolonge la présence des nobles. L’empirisme individualiste reconstitue une nécessité de fait, justificative d’une classe, qui ne peut plus se justifier dans la praxis globale. Aussi tactique et stratégie se substituent à l’honneur. Et c’est la nécessité de survivre qui pousse stratégie et tactique à la systématisation machiavélique, c’est-à-dire à la totale négation du négatif, l’opportunisme systématique triomphant des représentations d’ordre moral. Mais plus ce politique se systématise dans l’explication, la prise de conscience de classe, d’un moment de cette classe, et plus le non-dit qui n’est plus l’instinct, la potentialité naturelle (comme pour la sorcellerie) mais la conscience de classe, de la classe dominante, l’honneur, apparaît comme inhibition, inter­dit qui doit se surmonter coûte que coûte.

C’est le moment de la paralogique justificative : la doctrine. Et sur le plan de la théorie, cette situation qui s’exprime par le machiavélisme va jus­qu’au bout de l’affrontement : l’opportunisme se confronte à l’éthique pour s’assumer dans un antimoralisme cohérent.

Mais alors est dépassé l’empi­risme qui permettait la séparation des deux plans, politique et privé, et qui autorisait d’une part le machiavélisme politique et par ailleurs, sur le plan privé, le consentement à la tradition de l’honneur. C’est la totalité du vécu, qui pour justifier l’opportunisme politique, doit se soumettre à sa nécessité et à ses principes. Alors l’homogénéisation des secteurs du vécu est l’aboutissement de cet individualisme, c’est-à-dire la généralisation des comportements particuliers dans la même continuité, la même cohérence, dans l’immédiateté de la catégorie psychologique.

Mais cette homogénéisation du vécu n’est qu’un aboutissement : celui de l’action individualiste, et seulement quelques individualités l’assument. Mais si ce contenu existentiel ne s’actualise ni ne se généralise pas systématique­ment, il se fait potentiel de classe.

L’exemplarité de quelques individualités (modèle culturel) définit la finalité non pas des conduites, mais des inten­tions, et dans la mesure où l’honneur cède devant les comportements de compromis ou d’acceptation, ces intentions se structurent en subconscient de classe.”

La figure de Sade, libertin