Tristan et Yseult
Résumé de l’Opéra de Wagner

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Tristan et Yseult

 

 Résumé de l’Opéra de Wagner  

 

Acte I

Le lieu : un navire voguant d’Irlande vers la Cornouailles – Tristan, accompagné de son fidèle écuyer Kurwenal, a été chargé par son oncle le roi Marke de faire venir d’Irlande sa future épouse, la princesse Isolde. Comme le voyage touche à sa fin, celle-ci sort du mutisme dans lequel elle s’est cloîtrée (scène 1) pour confier à sa suivante Brangäne un terrible secret (scène 3). Tristan, le valeureux héros admiré de tous, n’est autre que l’assassin de son fiancé Morold, tué pour affranchir le roi de Cornouailles du tribut qu’il payait au roi d’Irlande. Blessé, il avait naguère été recueilli et soigné par Isolde qui ne l’avait pas reconnu, jusqu’à ce qu’elle extraie de la plaie de Tristan un éclat qui s’adaptait exactement à une brèche de l’épée de Morold : elle découvrit alors sa véritable identité. Sur le point de se venger, elle fut arrêtée in extremis par l’ardent regard d’amour de Tristan.

Partagée entre la haine, la honte d’être ainsi livrée au vassal de son père par celui qui tua son fiancé, et l’amour inavoué et refoulé qu’elle porte à Tristan, Isolde choisit de s’unir à Tristan dans la mort (scène 4). Elle fait préparer par sa suivante un breuvage empoisonné, que Tristan accepte en toute connaissance de cause (scène 5). Brangäne, qui a tout deviné de l’amour que porte sa maîtresse à Tristan, n’a pu se résoudre à exécuter l’ordre d’Isolde, et a remplacé sans rien dire le philtre de mort par un philtre d’amour. Tristan boit, persuadé qu’il va périr ; Isolde lui arrache la coupe avant qu’il ne l’ait finie et boit aussi pour partager sa mort : ils tombent en extase l’un devant l’autre, Isolde défaille, tandis que le vaisseau accoste et que le roi Marke s’avance sous les vivats pour accueillir sa fiancée (scène 5).

Acte II

Lieu : la demeure d’Isolde – Le roi est parti pour une chasse nocturne. Tristan vient rejoindre Isolde en secret malgré les avertissements de Brangäne. Suit alors un immense duo d’amour d’un romantisme exacerbé. De suprêmement amour, il devient peu à peu mystique : Tristan et Isolde chantent leur désir de consacrer leur amour par une mort qui serait le triomphe définitif de la Nuit sincère et douce sur le Jour vain, perfide et mensonger. Voici un extrait célèbre du livret, point final culminant du duo :

Ainsi nous mourrions
pour n’être plus séparés,
éternellement unis,
sans fin,
sans réveils,
sans crainte,
oubliant nos noms,
embrassés dans l’amour,
donnés entièrement l’un à l’autre
pour ne plus vivre que l’amour !

Ce duo entre Tristan et Isolde est le plus long (trois quarts d’heure) de l’histoire de la musique. Le tête-à-tête est soudainement interrompu par l’arrivée de Marke et de ses hommes. C’est le chevalier Melot, soi-disant ami de Tristan, lui aussi amoureux secret et transi d’Isolde, qui par jalousie a manigancé la chasse nocturne et le retour précipité du roi, pour surprendre les amants. Le roi, dans un long monologue, exprime alors toute l’affliction qu’il ressent en se voyant trahi par celui qu’il aimait plus que tout au monde, à qui il avait légué pouvoir et biens. Tristan, déconnecté du monde qui l’entoure, invite Isolde à le suivre dans le pays où il se rend maintenant, le pays de la mort. Puis il défie Melot et se jette sur lui l’épée haute, mais ce n’est pour lui qu’un simulacre, il laisse Melot le frapper.

Acte III

Le lieu : Karéol, le château de Tristan, en Bretagne – Tristan n’a pas été tué par Melot ; grièvement blessé, il a été ramené en son château par Kurwenal, et est plongé dans une mortelle torpeur. L’écuyer veille sur lui. Un berger est chargé de surveiller la mer, et de jouer sur son chalumeau un air gai si un navire approche portant le pavillon d’Isolde, la seule à pouvoir sauver Tristan. Mais pour l’instant, il ne peut que jouer une triste et ancienne mélopée. Cela réveille Tristan, qui revoit défiler toute sa vie, et s’exalte au souvenir de son amour pour Isolde qu’il veut revoir pour enfin pouvoir mourir, et il perd à nouveau connaissance. Kurwenal le ranime avec peine, et soudain retentit la joyeuse mélodie du pâtre. Isolde arrive ! Dans un état d’excitation extrême, Tristan arrache alors ses bandages, s’élance à la rencontre d’Isolde, qui le reçoit dans ses bras, et dans un dernier regard extatique faisant écho à leur premier regard d’autrefois, Tristan expire en murmurant le nom d’Isolde, qui tente en vain de le rappeler à la vie.
Le pâtre annonce un autre navire : c’est Marke. Kurwenal saute sur ses armes et tente de s’opposer à l’escorte de Marke, il tue Melot, mais il succombe sous le nombre et est tué. Marke a été mis au courant par Brangäne du secret du philtre qui ne faisait que rendre possible l’amour de Tristan et Isolde, et plein de pardon il venait unir son parent le plus cher à Isolde, à qui il reproche doucement de n’avoir pas tout dit, le malheur eût ainsi été évité. Mais Isolde ne l’entend plus : en extase devant le cadavre de Tristan, son âme la quitte, elle meurt d’amour sur le corps de son amant. Marke, consterné, bénit les cadavres.