“La Logique des Trois Amours”
– la Relation Intime
du Couple, de la Conjugalité, de la Psyché –
(2008)

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La Logique

des Trois Amours

 la Relation Intime

du Couple, de la Conjugalité,

de la Psyché.

 

Extrait de

“Refondation Féodale  –

[ Philosophie de l’Amour ] ” 

(inédit ) 

Michel Clouscard 

2008 

 

La reconstitution phénoménologique des trois amours peut maintenant en venir à la logique de l’ensemble.

On doit définir la relation intime du couple, de la conjugalité, de la psyché.

Ils déterminent la situation humaine.

Ce n’est plus un montage à la manière de Freud, ni la référence à des personnages allégoriques.

Ce sont des situations de fait, définies selon les plus grandes dimensions de l’évolutionnisme, de la phylogenèse et de l’ontogenèse.

 

1 ) les filiations ontologiques : les amours du genre et de l’individu.

Les filiations ontologiques disent les amours du genre et de l’individu.

Amour de l’individu pour lui-même, amour de l’individu pour l’autre individu, amour de l’individu pour le genre.

Ce qui se traduit par le couple qui établit la relation de l’individu et de l’individu.

La relation de l’individu au genre n’est alors qu’une translation sommaire mais péremptoire.

Les relations œdipiennes quittent l’ontologique pour proposer une nouvelle médiation : la subjectivité.

On passe alors de l’ordre du besoin à l’ordre du désir, à de nouvelles amours.

2) les filiations oedipiennes et la psyché

Et la psyché ?

Alors que le couple et la conjugalité sont l’expression de l’immanence du genre et de l’individu, l’œuvre de la praxis, la psyché échappe à ces déterminations.

[ La psyché ] n’a plus de fondement organique, mais elle est la résultante de toute une praxis.

La psyché est la relation intersubjective qui peut apparaître lorsque l’évolutionnisme s’accomplit dans l’honneur et la virtu.

3) le couple dans le mode de production féodal: l’exogamie monogamique féodale. 

C’est du couple, créé par l’engendrement réciproque du mode de production et du système de la parenté, que naît la psyché.

Celle-ci est la relation qui est rendue possible lorsque ce système accède à sa logique. On pourrait dire qu’il fonctionne tout seul, qu’il n’est que pur échange de l’homme et de la femme lorsque cet échange ne relève que de lui-même.

La psyché quitte l’organique car elle n’existe que par l’échange superstructural.

 

4 ) La philosophie de l’amour  est la révélation de la praxis.

Ces trois composantes de la logique sont des situations de classe.

L’amour révélé, c’est celui de l’exogamie monogamique féodale. La logique ne fait qu’organiser ailleurs, dans la pure relation, ce que la praxis a accompli. Nous sommes loin de l’ineffable et de l’indicible du héros de roman qui ne fait qu’utiliser, comme s’il en était le propriétaire, les catégories créées par la société de classes.

Cette philosophie de l’amour n’est l’expression que d’un moment de la praxis. Nous avons déjà établi l’anthropologie et l’éthique dont cette philosophie de l’amour n’est qu’un moment.

L’anthropologie historique est une économie politique, celle majeure de la consommation et de la production. L’anthropologie se fonde sur une consommation intégrale que le procès de production doit remettre en question. L’éthique de la praxis fait apparaître l’équité immanente à la production. C’est parce qu’il y a la relation de la production et de la consommation qu’il y a conscience morale.

 La philosophie de l’amour n’est pas une proclamation spiritualiste ou idéaliste, elle est la révélation de la praxis.

Ces déterminations « sublimes » ne sont que l’expression de la réalité en soi, celle de la praxis mais aussi celle du veuf et de l’orphelin, des deux manques affectifs de l’homme. Mais tout a commencé par le rêve-rêverie, celui qui est porté par l’intentionnalité et qui s’achève par le modèle : le mythe.

 

MICHEL CLOUSCARD

2008