“Dénoncer le néo-kantisme,
proposer une philosophie de la praxis ” (1987)

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Thèse 84

 

LES DEUX TACHES PRIORITAIRES

DE LA PHILOSOPHIE RÉVOLUTIONNAIRE :

 

DÉNONCER LE NÉO-KANTISME,

SUPPORT DE L’IDÉOLOGIE DOMINANTE

(CELLE DU CONSENSUS)

ET

PROPOSER LA RELÈVE

DES PHILOSOPHES DE L’HISTOIRE

PAR LA PHILOSOPHIE DE LA PRAXIS.

 

Nous avons déjà (thèse 25), très brièvement, défini le néo-kantisme.

[ Le néo-kantisme ] est la récupération et la perversion de la philosophie de la Révolution française. Il dit toutes les différences possibles à l’intérieur du consensus [libéral]. La plus grande différence possible est celle de [Jean Paul] Sartre et de Raymond. Aron. A l’origine féroce antagonisme, elle se révèle, au moment du consensus, profonde complémentarité idéologique du chef de file du libéralisme politique et économique et du chef de file libertaire, culturel. Nous vivons sous la botte idéologique des aroniens et des sartriens. L’un occupe le versant de droite du consensus, l’autre le versant de gauche.

Si ce néo-kantisme en sa théorisation s’est très vite démodé (car il est l’idéologie de l’ascendance) en sa pratique il conditionne les métiers d’encadrement : le management (pour la production) et l’animation (pour la consommation et sa sémiologie).

Les disciples avoués ou sans le savoir de Sartre monopolisent la production culturelle. L’idéologie d’abord sélective de Saint-Germain-des- Prés est devenue culture de masse (cf. « Le frivole et le sérieux »), Sartre et le néo-kantisme sont les derniers tabous du système. Il ne faut pas toucher à ses mascottes. Toute critique est boycottée. (Nous l’avons vérifié lors de la sortie de « De la modernité : Rousseau ou Sartre ».)

Ce travail critique permet de mettre en place la prospective de la philosophie révolutionnaire. Elle doit proposer la relève des philosophies de l’histoire, en crise, par la philosophie de la praxis. Celle-ci répond à la fois aux insuffisances gnoséologiques du néo-kantisme et des philosophies de l’histoire. Si ces dernières ne sont plus que des gloses pour universitaires qui ne sont même plus des épigones, c’est qu’elles ne sont qu’une connaissance du superstructural (très élaborée, chez Hegel) dont le néo-kantisme a su faire apparaître les insuffisances.

 Nous avons proposé (cf. essentiellement « L’Etre et le Code» et « De la modernité: Rousseau ou Sartre ») une philosophie de la praxis qui, grâce à la double critique du néo-kantisme et des philosophies de l’histoire, peut enfin accéder à l’histoire des modes de production, à la logique de la production et de la consommation.