La Somme et le Manifeste
“Refondation Progressiste”

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” Refondation Progressiste ”

  2003 

Michel Clouscard

 

 

Conclusion

La somme et le manifeste

 

Contribuer à la refondation progressiste et en éclairer le chemin politique : tel est l’objectif de cet ouvrage.

C’est un manifeste pour la refondation, mais aussi une somme, parce que pour refonder, il faut comprendre, interpréter et proposer.

 

Ma démarche met à jour les ressorts de l’économie libérale fondée sur le marché du désir, qui se décline en trois principes :

– Elle est une économie politique de la « ressource humaine » ;

– Elle est une économie politique à la fois avouée et clandestine ;

– Cette économie de la ressource humaine se caractérise par la soumission du procès de production au procès de consommation.

 

Parce qu’elle est une analyse de l’économie de la ressource humaine – et de ses souffrances – ma démarche débouche sur une morale provisoire, une morale du bonheur assurant une sociabilité initiale et élémentaire qui assure le cheminement vers l’éthique de la praxis. Une morale du sport pour tout d’abord dépasser la seule morale du travail et une philosophie de la praxis qui régule l’idéologie du loisir.

Alors est possible un cheminement unitaire de ceux qui font œuvre humaine vers cette nouvelle figure institutionnelle : un parlement du Travailleur Collectif.

 

Une économie politique de l’équité – en premier lieu du procès de production et du procès de consommation – fonde la morale citoyenne, et la raison d’être du travail pour une vie heureuse et pour la reconnaissance de ceux qui travaillent. C’est une étape fondamentale dans ma  démarche  philosophique.

 

Et la philosophie est utile et thérapeutique. C’est le moment de la réalisation politique de la philosophie de la praxis. Cette philosophie de la praxis qui est une belle inconnue pour nos philosophes libéraux ! J’en ai déjà proposé les bases dans « l’Etre et le Code » : l’être, le sujet, la praxis.

Ce sont les trois principes de la connaissance, grecque, chrétienne, socialiste. Et je me propose d’opérer, non pas leur synthèse, mais leur convergence !

Et d’en écrire un traité à l’usage du grand public.

Une philosophie dont la marraine est la Psyché, comme la praxis a pour parrain Prométhée.

Il s’agit de proposer un nouvel horizon pour la vie humaine : le partage de l’amour et de l’amitié, la problématique même de l’humain à partir de l’unité du sujet et du citoyen.

En marchant dans les pas des grands refondateurs, qui comprenaient l’amitiéphilia – comme une vertu politique et une parente de l’amour, proposer, tout en s’inscrivant dans une filiation philosophique qui a nourri les approches de la vie humaine.

Cela pourrait être figuré par la programmatique représentée par le tableau suivant :

 

 

Amitié

 

   

Amour

Antiquité

Platon

 

« La République » <——-> « Le Banquet »

 

Féodalité Mythe de Tristan et Yseult

 

Etat-nation

 

<——->

 

Psyché

 

 

Modernité républicaine, Rousseau

 

« Le Contrat social »

 

 

<——->

 

« La Nouvelle Héloïse »

 

Époque contemporaine

 

?

 

 

 

?

 

La logique de cette présentation n’est autre que la quête de notre destinée, que le tableau révèle :

Comment concilier l’amitié et l’amour ?

Comment concilier psyché, conjugalité et citoyenneté ?

Comment concilier la spiritualité laïque et la puissance du désir ?

 

Le Sphinx, ressuscité par la praxis, de nouveau, questionne : « qui préfères-tu,  ton ami  ou  la femme ?  ”    

 

Michel Clouscard