Lexique de “L’Être, la Praxis et le Sujet”

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Antéprédicatif

1 ) Mot à mot, c’est ce qui vient avant tout prédicat ou détermination concrète. L’antéprédicatif se donne, selon les philosophies, comme « structure » de la réalité – chez Levi-Strauss par exemple -, ou comme structure transcendantale de l’esprit humain organisant tout donné d’expérience dans des cadres a priori. La prétention à poser un antéprédicatif occulte la dimension fondamentale de la praxis humaine qui est nécessairement œuvre pour produire les moyens d’existence et intervention dans les chaînes causales naturelles.
2 ) Dans “chemins de la praxis”, l’antéprédicatif est le premier moment correspondant à l’ontologie temporelle et à l’homme originel : ” L’antéprédicatif rend compte de cette double transformation : de l’être au genre et du genre au genre, de l’humanisation de son héritage évolutionniste et de la création du genre par lui-même. Il est le lieu logique où l’être s’achève et le genre commence ” ( livre 3, I , A ) [Rieu / Clouscard]

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Anthropologie

L’anthropologie est l’étude ou la science de l’homme qui, par-delà ses différences sociales et ses coutumes, permet de définir les éléments universels communs. Michel Clouscard en énonce les fondements à partir de la dialectique de la production et de la consommation, dont la relation équitable peut générer l’équité universelle dans le rapport entre les hommes et les peuples. // La démarche de Clouscard est de produire une philosophie de la praxis ( qui est également philosophie de la connaissance ) pour établir la relation dialectique entre la phylogenèse ( procès de production du genre, diachronique) et l’ontogenèse ( procès de production du corps-sujet, synchronique ) L’étude des peuples et des cultures peut s’opérer à partir d’une analyse sur l’universalité des moments dialectiques d’un ensemble logico-historique qui permet d’appréhender le développement de la praxis et le développement de la subjectivité, au delà de la diversité observable. Sa démarche écarte l’historicisme, la donation de sens par l’ontique ou par l’invariant structural pour analyser deux ensembles dialectiques qui se développent simultanément : la dialectique ” être – praxis – sujet ” et la dialectique ” être – genre – corps-sujet ” [Rieu / Clouscard]

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Centripète /centrifuge

Selon Henri Wallon (1879-1962), Le développement de l’enfant est une succession alternative de stades centripètes et centrifuges. Lors des stades centripètes, l’enfant se centre sur lui-même, sur la construction de sa personnalité, de son identité. Lors des stades centrifuges, l’enfant se centre sur la connaissance du monde extérieur. Ces deux points de vue (centripètes et centrifuges) s’intègrent dans la personnalité. Alternativement, l’enfant se centre soit sur lui-même soit sur l’extérieur, c’est-à-dire que ce qui prévalait à un stade passe au second plan au stade suivant. Toutefois ces alternances sont ambivalentes, dans la mesure où, lors de chaque stade, l’enfant oscille également entre des comportements centrifuges et des comportements centripètes. C’est la centration dominante qui donne le stade général (centripète ou centrifuge). En insistant sur la discontinuité et la notion de crise qui sous-tend cette discontinuité, Henri Wallon se montrait fidèle aux thèses hégéliennes de la dialectique. Il se distingue en cela de Jean Piaget, qui valorise plutôt, dans sa propre description des stades du développement infantile, les interactions au détriment des ruptures // Clouscard reprend les termes de centripètes et centrifuge dans ” chemins de la praxis”, (cf livre VII) et : ” l’immobile et le mobile, le faire et le défaire, le centripète et le centrifuge sont constitutifs du même acte, le défaire pour se refaire. Nous tenons là la tradition anthropologique de… « L’Être et le Néant » , la dialectique de l’en-soi et du pour-soi, de la néantisation et de la liberté. Mais notre interprétation est contenue dans la physique, comme fondement d’une anthropologie qui sera aussi parcours phénoménologique. ” ( livre VI, II, A ) [Sylvain ]

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cogito cartésien

[Sylvain ]

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cogito pré-réflexif

Merleau Ponty et Sartre./ Sartre maintient toujours l’idée que la réflexion n’a aucune préémi­nence face à l’irréfléchi, ou encore sa critique de l’intellectualisme. Mais dans L’Être et le Néant il présente le rapport immédiat de la conscience de soi à soi d’une manière plus élaborée, à travers le cogito préréflexif et la conscience non thétique (de) soi. Sartre a envisagé les questions de l’ego, de l’imagination et des émotions et c’est pourquoi la dimension irréfléchie est devenue le fondement incontestable sans lequel la description même des phénomènes serait impossible. Mais cette problématique apporte une aporie de l’irréfléchi car malgré tout le cogito réflexif (cartésien) se produit. En effet, Sartre ne veut pas nier l’existence du cogito, c’est-à-dire de la conscience réflexive. La conscience ne peut se livrer à la description phénoménologique que par la réflexion de sa propre noèse par rapport à son noème. Le fait est qu’elle dépend d’une conscience pré­réflexive et immédiate de soi à soi : toute exis­tence consciente existe comme conscience d’exister // Clouscard fera de ce point l’objet principal de la genèse de la psyché, notamment parce que le corps-sujet est immédiatement en relation avec l’être (le corps et ses contradictions biologiques) et l’organisation de l’existence par une subjectivité qui doit achever un parcours de la conscience de soi : de la finitude à la temporalité par le procès de production jusqu’à la subjectivité capable d’intégrer ( ou non ) l’éthique de la praxis. [Sylvain ]

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creation continuée.

a l’origine, doctrine philosophique défendue par Descartes, selon laquelle Dieu assure à tout moment l’existence des êtres et des choses qu’il a créés. Pour Clouscard, c’est le procès de production qui crée le genre humain assurant à tout moment l’existence des êtres et des relations tissés.” Le procès de production est création et création continuée, principe du commencement et principe du devenir. Il se fait non seulement à l’image de l’être mais aussi selon la création continuée de Descartes. Constamment, le procès de production intervient pour que le genre persévère en son essence. Il est l’éternel recommencement de la création continuée. Il répète, mais il répète l’acte de créer. ” ( Voir aussi Rythme ) ” C’est le rythme qui permet de procéder au montage identitaire du genre humain, de déterminer le naturel de l’humain. Il est la catégorie fondamentale qui permet la reconstitution phénoménologique.” En effet la répétition permet la création continuée mais explique aussi la dialectique de l’en soi et du pour-soi. [Sylvain ]

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devenir du devenir

C’est la résolution de l’aporie classique Héraclite – Parménide. ( devenir – être ) Les données de l’observation indiquent que l’être évolue ( du big-bang à nos jours) et que l’évolution des espèces s’accomplit par le programme biologique permis sur Terre. Il s’agit de l’ontologie temporelle. ( selon le devenir du devenir de l’être ) ” L’évolutionnisme est à l’abri du catastrophisme cosmique : il ne peut engendrer que du devenir. Son être est devenir du devenir. L’évolutionnisme crée son propre temps, le nôtre, celui de l’être et de son existence. ” Mais le temps de l’être n’est qu’un devenir avec un sens mais sans finalité de fin, devenir du devenir qui répèterait l’évolution jusqu’à la valeur ajoutée apportée par la praxis et par la subjectivité du genre à l’être. ” Le devenir du devenir accède à la finalité en s’articulant sur la praxis ” ” Le devenir matriciel, devenir du devenir selon un sens mais sans finalité, se prête à la temporalité de l’individu et s’avère temps porteur qui s’écoule dans cet individu pour aussi acquérir une finalité, celle que l’individu apporte.” La situation phénoménologique initiale va pouvoir évoluer à partir de l’instant, durée fondatrice du rapport de l’individu au temps, possibilité d’une genèse de la praxis et de la subjectivité pour accomplir l’ontologie temporelle décrite par Clouscard ( voir temps et ontologie temporelle) [Sylvain ]

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Devoir Faire du Genre

Impératif catégorique qui s’impose au groupe, mais ce n’est pas une donnée constitutive, antéprédicative, mais bien un auto-engendrement à partir de l’intentionalité de l’être ( exister ) Avec l’expression ” devoir faire du genre”, Clouscard choisit une expression plus facile à comprendre pour le lecteur moyen ( non philosophe ) // Dans “Refondation Féodale”, ” Le genre humain, pour se faire, c’est-à-dire pour s’autoproduire, doit produire une loi au moins égale à celle de l’être de la nature ; c’est ce que j’ai désigné comme le devoir-faire du genre – l’impératif catégorique de l’ontologie sociale. ” [Sylvain ]

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diachronique

« évolution / diachronie ». La diachronie étudie le passage d’un état premier à un état secondaire. [Sylvain ]

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Dialectique (engendrement réciproque des contraires)

La dialectique, dit Hegel, est la méthode de la philosophie. Elle met à jour la dynamique des contraires qui travaillent la réalité et que le processus de la connaissance ne fait que formaliser. La méthode dialectique montre l’engendrement réciproque des contraires, par exemple comment le maître devient esclave des savoir-faire de son esclave ou, ici, comment le libéralisme produit un populisme néo-fasciste et porte en lui une répression inouïe sur le travail. Le lecteur attentif observera que la méthode dialectique est celle qui est à l’œuvre dans l’écriture de Michel Clouscard. [Rieu / Clouscard]

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économie biblique, économie politique

L’économie biblique renvoie à l’organisation de la praxis telle qu’elle existe à l’émergence du néo-lithique jusqu’à la première écriture du mythe. Il s’agit d’une économie de subsistance codée par le mythe biblique, notamment celui de la “chute” d’Adam et Eve, ( voir Péché originel ), mythe fondateur des 3 monothéisme. ” Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, ( tu enfanteras dans la douleur ) ” [Sylvain ]

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économie de subsistance

L’économie de subsistance est une conquête progressive du genre humain. Les productions des biens alimentaires, mobiliers ou immobiliers nécessaires à l’existence repose sur la famille ou un groupe restreint sans qu’il y ait d’échanges commerciaux ou de manière très limitée. Cette économie repose sur l’agriculture vivrière (et/ou le pastoralisme) qui produit encore aujourd’hui la plus grande partie des apports nécessaires à l’alimentation au niveau mondial [Sylvain ]

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Économie politique

Le concept d’économie politique a été élaboré par Aristote, repris par les économistes dits classiques, Smith et Ricardo, et retravaillé par Marx et Engels. Avec la « Critique de l’économie politique » . Marx et Engels initiaient l’analyse conjointe de la production, des échanges et des formes sociales et politiques comme une totalité en devenir. L’économisme moderne – voire l’économétrisme – occultent les dimensions sociales et politiques engagées dans l’analyse des phénomènes économiques ; la contradiction historique du développement est évacuée, notamment par la philosophie de la connaissance du néo-kantisme ( dichotomie emprisime/formalisme) Le système idéologique du néo-kantisme justifie par là l’idéologie du libéralisme libertaire qui conçoit le politique comme une instance posée au-dessus de l’économie, tout au plus régulatrice. Au contraire, le politique est pour Clouscard l’analyse des contradictions de l’économie politique et de la subjectivité qui tente d’accéder aux contradictions pour les dépasser ou refuse de les penser ( volonté de ne pas savoir ) L’objectif d’une refondation sociale progressiste rompt avec cette séparation libérale et nécessite de revenir à l’économie politique comme à l’analyse du parcours phénoménologique des masses. Clouscard développe la philosophie de la praxis ( phylogenèse, ontogenèse) pour permettre de rénover le rapport dialectique entre la philosophie de l’esprit (encore idéaliste) de Hegel et le matérialisme dialectique et historique. [Rieu / Clouscard]

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en soi du genre / en soi du corps-sujet

Dans la genèse de la psyché, ( livre 8 et 9 ) Clouscard expose la relation d’immanence entre l’être, le genre et le corps-sujet. C’est à partir de cette relation qu’on peut comprendre le montage identitaire du corps-sujet. L’anthropologie expose le parcours phénoménologique du genre humain dont les peuples appréhendent synchroniquement le résultat de leur développement (le pour soi du genre), mais sans accéder à une conscience de longue durée de ce développement (l’en-soi du genre humain) C’est pourquoi le montage identitaire opérée à partir de la situation du corps-sujet est partielle, donc problématique, puisque le nourrisson dispose du résultat de l’histoire dans le procès de consommation immédiat (consommer sans produire, principe de plaisir) et que le parcours dialectique doit le conduire à appréhender le développement historique pour assumer le principe de réalité ( produire pour consommer). L’analyse de longue durée apportée par la philosophie de la praxis permet à Clouscard d’apporter la conscience du cogito pré-réflexif au sein duquel “l’Esprit des peuples” doit être concu comme genèse déterminée des catégories de la connaissance à partir de la phylogenèse et de l’ontogenèse. La différence des échelles de temps selon lesquelles on doit appréhender l’en-soi du genre et l’en-soi du corps-sujet dans sa relation être-genre-corps-sujet nous indique les contenus de la dialectique phénoménologique du genre humain et expose le libéralisme libertaire ( le néo-kantisme comme idéologie de la connaissance) comme résultat de ce processus dialectique et historique. [Sylvain ]

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En soi, pour soi, synthèse (en-soi – pour soi )

La compréhension de ces expressions dérive de l’idée que l’accès à la compréhension ( l’Esprit chez Hegel) est essentiellement un processus. L’en soi est la réalité encore méconnue. L’enfant, par exemple, est homme en soi. II est un homme qui n’est pas encore accompli, qui doit le devenir. Néanmoins, il l’est déjà à titre de disposition. Il ne pourrait devenir un homme s’il ne l’était déjà en germe, en soi. Pour Hegel, l’en soi désigne donc un contenu réel, mais non révélé. Pour que ce contenu éclate au grand jour, il faut jeter un pont entre ce qui est purement virtuel et ce qui est pleinement réalisé. Ce pont, c’est le pour soi, le moment de la prise de conscience de soi. Il faut que l’homme connaisse sa vraie nature afin de pouvoir se l’approprier. L’en soi désigne un contenu que le pour soi révèle afin d’en faire un contenu effectif. C’est pour cette raison que la vérité de l’Esprit consistera à être en soi et pour soi, à être consciemment et effectivement ce qui n’était d’abord que virtuellement (en soi). Mais cet accord dans l’esprit n’est qu’une étape dans le processus de connaissance. [Sylvain ]

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esthetique de la praxis

[Sylvain ]

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Évolutionnisme

Dans l’œuvre de Michel Clouscard, la notion classique d’évolutionnisme – théorie de l’évolution des espèces contre les théories de la création des espèces par Dieu ou contre les théories fixistes – prend un sens nouveau. C’est un véritable concept : l’évolutionnisme est l’enchâssement de deux ordres, celui de la nature et celui de la praxis. Par sa capacité à produire socialement son existence, le genre humain introduit un sens, une finalité qui n’existe pas dans la nature, « devenir du devenir » ou devenir aveugle. L’évolution des espèces, la phylogenèse, devient pour le genre humain création de l’ontogenèse, développement de l’individualité et de la subjectivité. La consommation autorise un espace de jouissance de soi dans la synchronie, temps simultané, alors que la production nécessite de travailler à rebours des chaînes causales naturelles tout en exploitant leurs lois (diachronie, succession des temps). L’évolutionnisme permet alors de créer cet espace de liberté qui autorise le jeu : « jouez, même s’il y aura un perdant ». Il est aussi la matrice d’une morale citoyenne du bonheur dont le sport est un modèle. [Rieu / Clouscard]

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Exogamie monogamique

L’exogamie monogamique est un système de parenté propre au développement des sociétés occidentales. Il impose de choisir son conjoint hors de la famille (exogamie), mais aussi de n’avoir qu’un seul conjoint, que l’on soit homme ou femme. La féodalité a permis le développement de cette organisation de la parenté, mais en a aussi accompli l’élaboration culturelle dans l’amour courtois et le mythe de Tristan et Yseult. Toute la construction occidentale de la subjectivité y trouve ses fondements. Cf. Michel Clouscard, Traité de l’amour fou. [Rieu / Clouscard]

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Frivole et sérieux

Le frivole et le sérieux sont les déclinaisons de la consommation et de la production dans l’économie politique du libéralisme libertaire. La mise en relation du frivole et du sérieux dans le libéralisme libertaire correspond à un nouvel espace social – le mondain – et à une combinatoire des nouvelles couches moyennes. [Rieu / Clouscard]

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historicisme

Clouscard donne comme exemple Geroge Duby ( livre I ) , recherche descriptive. C’est l’orientation empirique du système idéologique du néo-kantisme. ” D’un côté l’historicisme, de l’autre le structuralisme. D’un côté le descriptif, de l’autre l’invariant. D’un côté l’empirisme transcendantal, de l’autre le formalisme transcendantal. Ces contraires révèlent un engendrement réciproque. Si invariant, il y a, à travers l’histoire, celle-ci ne peut plus être que variable contingente. L’inconscient structural “dévoilé” par Lévi-Strauss réduit même Duby à la seule connaissance de l’apparence, descriptive et empirique. La dispute de ces contraires permet d’occuper tout le champ culturel et ainsi d’occulter toute autre problématique. Lorsque celle-ci tend à se manifester, c’est la réconciliation des contraires, l’union sacrée. Ainsi tout l’acquis de l’histoire, de la raison, les conquêtes du cogito sont remis en question. Ce refus de connaître est une béance du savoir qui en vient même à suspecter la légitimité de son pouvoir. Le sens est perdu.

[Sylvain ]

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Homme originel et homme naturel, diachronie et synchronie, phylogenèse et ontogenèse

Ce sont autant d’étapes de l’ontologie temporelle de Michel Clouscard. Elles se constituent comme dualité de complémentarité de l’homme issu du diachronique, de l’évolutionnisme modelé par la praxis et de l’homme du synchronique, homme naturel, formé par le principe de plaisir. L’homme originel se détermine selon les filiations ontologiques (être, genre, individu), l’homme naturel est la création logique et phénoménologique des catégories de l’Œdipe. ( régulation principe réalité / principe plaisir ) Ce n’est pas l’Œdipe qui constitue, c’est l’Œdipe qui est constitué par la logique du mode de production et [ la logique] de l’exogamie monogamique. [Rieu / Clouscard] (On devrait parler ici de “morale néguentropique” selon l’axiomatisation de l’éthique. ( S.B.))

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Homme originel

des australopithèques à homo erectus ( 7 millions – 1, 2 millions ) [Sylvain ]

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Homme naturel

de homo erectus à homo sapiens ( 1,2 million à 300 000 ) [Sylvain ]

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Homme synthétique

de homo sapiens à l’histoire ( 300 000 à J.C ) [Sylvain ]

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Impératif catégorique

Par opposition à l’impératif hypothétique, qui commande de faire une action en vue d’une fin – par exemple “sois gentil si tu veux qu’on t’aime” -, l’impératif catégorique est, selon Kant, la forme adaptée à un vrai contenu moral : « Fais ce que dois », non pour en attendre ceci ou cela, mais absolument. Pour Kant, le contenu de la morale se déduit de la forme de l’impératif catégorique. Si je m’interroge pour savoir si je dois mentir dans des cas douloureux, je n’ai qu’à me demander si le précepte de mon action peut devenir une règle universelle : or, si tous les hommes mentaient, alors plus personne ne croirait personne, donc le précepte « je peux mentir » dans cette circonstance, deviendrait contradictoire : le mensonge présuppose d’être cru. Kant élabore « Les fondements de la métaphysique des mœurs » à partir de ce formalisme pour écarter l’ambiguïté qu’induirait la prise en considération des circonstances concrètes : est-ce que je mens à la personne sur sa maladie parce qu’elle n’est pas en situation de supporter la vérité ou bien par confort personnel. A l’opposé de cette fondation morale formelle, Michel Clouscard opère une fondation morale à partir de la praxis de production humaine : tu dois produire pour vivre, c’est une règle universelle. Le procès de production porte déjà en lui-même un devoir-faire face à la nécessité naturelle, ce qui ne peut être autrement. L’éthique humaine oppose à la nécessité naturelle « manger pour vivre », une force au moins égale, « travailler pour vivre ». L’édifice moral est alors à la fois fondé en nature et œuvre humaine de la loi, constructrice de l’humanité. C’est aussi ce fondement qui permet de récuser la permissivité du libéralisme libertaire et de proposer un fondement moral concret : l’équité de la production et de la consommation. [Rieu / Clouscard]

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Inconscient

Dans l’approche freudienne de la personnalité humaine, l’Inconscient est un concept dynamique de construction de la personnalité à partir du refoulement et de sa structuration sur l’interdit de l’inceste. C’est donc un principe de base de la « psychologie des profondeurs » que Freud établit. Mais cet Inconscient psychologique masque un autre Inconscient : la praxis, la nécessité de produire pour consommer. L’inconscient de la praxis surdétermine toute l’approche contemporaine de la vie sociale et individuelle du libéralisme libertaire. Un projet de refondation sociale doit mettre en évidence cet Inconscient de l’Inconscient pour établir une nouvelle synergie de la production et de la consommation et donner leur juste place aux membres du Travailleur Collectif. [Rieu / Clouscard]

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instant

” L’instant – que ce soit l’individu comme instant ou un instant de l’individu- est l’unité existentielle de [l’ontologie temporelle]. C’est la saisie spatio-temporelle qui établit l’existence de l’être. Nous sommes cet instant où l’être devient par l’existence que nous lui prêtons. L’instant est la double interprétation de l’être, par représentation ou participation. Cette logique de l’être en sa complétude s’impose à l’être substantiel de l’évolutionnisme, au devenir du devenir, au bouillonnement de la substance, au jeu de l’être et du genre, au cycle du vivant et à l’hominisation. Cette logique impose sa nécessité aux lois même de l’évolution. ” [Sylvain ]

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intentionnalite

[Sylvain ]

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intentionnalite

L’intentionnalité de l’être s’exprime par la position d’un impératif catégorique : « tu dois faire » qui contient à la fois l’acte et l’obligation de faire.

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l’intentionnalité

l’intentionnalité (toute conscience est conscience de) – VOIR Carnet : Brentano – Husserl – Sartre – Clouscard [Sylvain ]

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Logique de l’être

Pour l’être, A est A. L’être n’a pas besoin d’une logique autre que la logique tautologique puisque l’être est en rapport d’expression avec lui-même. L’être ne peut produire que de l’identitaire et donc répéter le Même, c’est à dire le devenir du devenir du l’être. Seul le genre humain s’interroge sur la question des déterminations logiques des concepts employés, notamment parce qu’il cherche à produire le dédoublement sujet-objet, à faire évoluer dialectiquement le procès de production, donc à introduire une altération de l’être, une récupération du sens de l’être par la praxis. [Sylvain ]

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Logique dialectique , logique formelle

Le procès de production originel du genre humain ( voir Intentionnalité) est saisie par l’émergence de la pensée logique qui est un processus dialectique, évolutif. Ce processus est modélisé par l’immanence entre le réel et le rationnel qu’établit le procès de production. La logique du genre s’approprier l’être et la praxis, en produisant pour cela substance et subjectivité. Si le genre humain apporte et emploie une forme de positivité logique ou de positivité éthique transitoire et problématique, qui doivent être pensée selon le procès de production du genre ( phylogenèse ) et le procès de production du corps-sujet ( ontogenèse), c’est par la dialectique entre la logique, le réel et le rationnel que peut s’expliquer le proces de production dialectique et concret de la logique du genre au sein du procès de production. La logique du genre devient logique conceptuelle formalisée, logique formelle ( cf. la logique d’Aristote par exemple). Cette évolution dialectique de la logique du genre à une formalisation de la logique ne doit pas faire apparaître la logique formelle comme l’unique composante qui permet le développement de la praxis, au contraire la logique du genre que le procès de production organise l’ anthropologie concrète au sein de la population et conditionne la formalisation logique abstraite à partir du conditionnement concret. En effet, au sein de la population, la praxis logique débouche sur des contradictions conceptuelles, notamment l’existence d’une appropriation du savoir logique par une classe ( voir Néo-Kantisme) ou par la dogmatisation fixiste d’une avancée de la formalisation de la logique ( voir Dogmatisation du marxisme-léninisme). Les contradictions qui se manifestent vont conduire à ce que les catégories et les concepts soient soumis à une constante ré-élaboration collective pour dépasser les contradictions du développement du procès de production et comprendre les contradictions historiques du développement logique. [ c’est l’apport dialectique de la philosophie de la praxis à la dialectique logique ]. Si, au sens moderne, l’expression de “concept dialectique” apparaît dans l’œuvre de Kant, mais est surtout développée par Hegel ( voir Science de la Logique notamment ), puis par Marx et Engels dans leur conception matérialiste de la dialectique, il ne semble pas abusif de considérer que Clouscard pense la question de la logique dialectique à partir de ce corpus précis, mais qu’il introduit une conceptualisation de l’histoire anthropologique du genre humain (phylogenèse) et du corps-sujet (ontogenèse) qui conduisent à interroger ces références. On doit compléter cette exposé de la logique dialectique par l’indication d’une analyse de Clouscard pour l’acquisition de la logique des propositions dans le livre II de “l’Être et le Code” (la génétique du sujet), mais il est également possible que les livres 8 et 9 de “Chemins de la praxis” fournissent les premiers moments de la saisie plus générale de la dialectique entre l’ontogenèse et la phylogenèse qui serait au fondement du procès de production du corps-sujet et de la logique du genre. [Sylvain ]

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Logique du genre

Pour le genre, la logique de l’être, logique du vivant ne peut être que répétition du Même ( A est A ) Si le principe d’identité logique ( de la logique d’Aristote ) apparaît, c’est au résultat d’un ensemble dialectique et logique en devenir, celui de l’histoire logique du genre qui s’est confronté à l’être, à sa propre praxis ( procès de production) et à la constitution dialectique de sa subjectivité en constante évolution. Le genre a introduit et pensé l’Autre du genre ( la praxis ) apportée au Même de l’être. Ainsi, le genre est condamné à une dialectique nécessaire puisque l’intentionnalité chemine selon le procès de production. La formule de la conquête logique du genre est ” A sujet devient A attribut”, formule problématique. Clouscard explique que remis en question par l’être (de la détermination biologique), le genre humain répond par la logique, par le devoir-faire, mais que cette réponse est aussi un questionnement sur la nature de l’être, de la praxis et de la subjectivité. Le passage de l’homme originel à l’homme naturel est le passage d’un cogito de la praxis ( je fais donc je suis, je suis donc je fais ) qui fonde l’interrogation logique, la dialectique à un cogito pré-réflexif qui interroge la praxis et la subjectivité [Sylvain ]

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montage identitaire du corps-sujet

C’est le passage du cogito-pré-réflexif à l’émergence d’une subjectivité réflexive. ( à revoir, à développer =

[Sylvain ]

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Morale et éthique de la praxis

Le genre humain, pour devenir autonome dans l’être, se fait d’abord « intentionnalité », projection dans le temps, vers un but, une fin. Cette intentionnalité doit se faire puissance pratique du faire – praxis – au moins égale à celle de l’être – de l’ontique, de l’existant – et non moins égale à son logos, sa logique. L’intentionnalité s’exprime par la position d’un impératif catégorique : « tu dois faire » qui contient à la fois l’acte et l’obligation de faire. Alors apparaît cette liberté de la praxis qui est la morale : dans l’action de faire, la participation des individus à la réalisation d’un but se transmue en relations entre sujets.

En produisant du blé nécessaire à leur survie, les hommes co-construisent leurs propres relations humaines. La morale citoyenne est l’expression sociale des valeurs d’un groupe réel, alors que l’éthique de la praxis est l’élaboration raisonnée de la loi de la production du genre humain. [Rieu / Clouscard]

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Narcisse et Vulcain

Les deux grandes figures mythologiques que sont Narcisse et Vulcain permettent de figurer la dualité constitutive de l’humain et les fondamentaux de l’économie : Narcisse, figure de l’amour de la beauté de son image et de son plaisir, figure de la consommation. Vulcain, dieu de la forge et du travail, figure de la production. La consommation et la production sont les deux pôles de l’économie politique du libéralisme : le frivole et le sérieux. Narcisse et Vulcain figurent le partage originel de l’homme. A moi le plaire, à toi le faire. C’est le cogito de l’être social : je suis mon image et/ou je suis ce que je fais. Contradiction originelle qui sera le fondement de la lutte des classes : d’un côté le pouvoir narcissique, de l’autre l’éthique de la praxis. Une refondation progressiste doit établir le droit au bonheur sur la relation dialectique de Narcisse et de Vulcain qui sont les créateurs du corps, de sa dualité constitutive, deux démarches conquérantes. Vulcain fait du corps un outil, Narcisse en fait une image. Pour Narcisse, le corps est le moyen de séduire, pour Vulcain, le moyen du travail. La constitution d’une éthique de la praxis nécessite de mettre à jour les causes et les raisons anthropologiques et économiques de cette dualité. Le sport est le lieu de synthèse de ces deux principes anthropologiques. [Rieu / Clouscard]

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Œdipe de la praxis / Œdipe freudien

( voir ” REFONDATION FEODALE” ) L’Œdipe de la praxis est le symétrique de l’Œdipe freudien, qui est un principe structurant l’Inconscient et générant la construction de la personnalité. L’Œdipe de la praxis est fondateur de l’existence humaine : la praxis articule le développement de l’individu (ontogenèse) sur le développement du genre humain (phylogenèse). Le bébé consomme sans produire et entre ainsi dans une économie politique du genre humain : l’accumulation sociale de biens, produits antérieurement par d’autres. L’Œdipe freudien est ainsi surdéterminé par les rapports de production et de consommation : la famille nucléaire se « structure » comme élémentaire économie politique. C’est la famille qui, par son dispositif dual de combinaison du système de la parenté et du système des métiers résout la dualité fondamentale de l’économie politique entre consommation et production. Dans la famille féodale, par exemple, le père et le fils aîné sont les propriétaires de l’exploitation. Le cadet et la femme ne disposent que de l’usufruit. L’amour courtois sera l’alliance des subalternes de la famille et des subalternes de la praxis, ceux qui assurent le service féodal (le chevalier) Comme l’Œdipe freudien structure l’Inconscient et la construction de la personnalité, l’Œdipe de la praxis structure le champ social en générant un Inconscient dynamique de la praxis et de la dialectique de la production et de la consommation. [Rieu / Clouscard]

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Ontogenèse

L’ontogenèse est la constitution de l’individu, de son corps-sujet selon le principe de plaisir autorisé par le synchronique. Le principe de plaisir comme consommation sans produire ou jouissance est déterminée par l’état historique du développement du procès de production et des rapports de production. [Sylvain ]

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Ontologie

L’ontologie est l’étude de l’être, de tous les êtres qui existent ; elle permet de situer les hommes dans l’ensemble des êtres existants. L’homme est un être social qui produit les conditions de son existence par la praxis. [Rieu / Clouscard]

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Ontologie temporelle

” L’ontologie temporelle est cause de soi : son existence est la cause de son essence. C’est un ensemble clos qui organise le devenir du devenir comme un échange, comme système de la circulation du temps de l’être temporel avec ses lois spécifiques : immanence, concordance, transmutation. Cette circulation du temps fait l’être et l’existence, le cycle du vivant, la dialectique de l’être et de l’espèce, de l’espèce et de l’individu.” [Sylvain ]

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Péché originel

Le péché originel est la notion religieuse fondatrice de la chrétienté que Michel Clouscard conceptualise comme consommation sans production propre correspond à une étape où le bébé ne peut encore produire les moyens de sa subsistance, mais doit consommer ce que d’autres ont produit. Cette situation, symbolisée dans la religion par le péché originel, chute du paradis terrestre où l’on consomme sans produire aux dépens de l’Autre homme, constitue la structure de l’Œdipe et de l’Inconscient de la praxis productrice, dans la société de consommation transgressive, de la névrose objective. [Rieu / Clouscard]

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Péché originel

consommer sans produire le travail de l’Autre, ici le Père, le producteur qui précède le consommateur absolu et immature, l’enfant en développement. La destination des jeunes gens est d’ériger leur subjectivité à l’intégration des conduites permettant l’autonomie par l’accès au statut de producteur. Dans l’ontogenèse, le corps-sujet originel doit dépasser son premier rapport (angoissant) à la finitude, à l’angoisse révélée par le corps face à ses besoins vitaux ( le rythme de l’organico-affectif) pour développer une subjectivité au service du corps-sujet autonome (le rythme comme création continuée, évolution dialectique). Mais ce parcours d’autonomisation du corps-sujet est soumis à bien des difficultés objectives et bien des périls subjectifs, notamment la tentation d’exploiter la force de travail de l’Autre (parasitisme, exploitation) pour réaliser le projet d’une subjectivité libre infinie ( voir ” La Bête Sauvage” ) Narcisse peut occuper le terrain avant Vulcain. [Sylvain ]

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Persévérer dans l’Être

C’est la logique de l’être telle qu’elle se médiatise originellement pour le genre humain. Ce premier moment constitue une étape phénoménologique que le genre humain doit traverser pour constituer le dédoublement sujet-objet du corps-sujet [Sylvain ] (Ressemble au “conatus” de Spinoza.

« Chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être. » — Éthique III1, Proposition VI
« L’effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n’est rien de plus que l’essence actuelle de cette chose. » — Éthique III, Proposition VII
)

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phenomenologie

Clouscard est phénoménologue mais 1 ) Hégelien, la phénoménologie de l’esprit doit conduire à penser la production des catégories logiques de la connaissance à partir de l’existence même. 2 ) Marxiste, cette existence est praxis, et histoire de la praxis à l’origine comme au résultat 2 ) Clouscard reprend certains concepts de la phénoménologie de Brentano à Husserl, de Sartre à Merleau-Ponty, mais il réintroduit la phénoménologie du corps-sujet comme anthropologie du corps-sujet et anthropologique historique ( Voir “l’Être et le Code”, le corps-sujet comme signifieur. 4 ) la phénoménologie et la logique de la praxis, de la phylogenèse, de l’ontogenèse. [Sylvain ]

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Phylogenèse

L’hominisation est la constitution du genre selon la praxis. Le procès de production du genre humain. [Sylvain ]

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pour soi du genre / pour soi du corps-sujet

[Sylvain ]

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Praxis

Ensemble des œuvres des hommes : du travail, de l’art, des créations et institutions de la vie sociale. Ce concept recouvre en partie le concept de « culture » quand celui-ci est différencié de « nature ». Le concept de praxis permet de comprendre toute œuvre humaine comme synthèse ou engendrement réciproque entre théorie et pratique, concept et réalisation, idée et activité. L’activité de travail est la praxis fondamentale de toute vie sociale puisqu’elle permet aux hommes de produire leurs moyens de subsistance et d’existence et de développer les autres formes de la vie sociale. Michel Clouscard propose de « substituer la praxis au Sphinx », c’est-à-dire de comprendre les problèmes qui se posent aux hommes à partir de leur activité réelle de production de leurs moyens d’existence. [ et non à partir des contradictions dialectiques du logos ]. [Rieu / Clouscard]

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Prédation, conservation, domestication, exploitation

Etapes de la phénoménologie du temps. De la survie à la constitution du mode de production, puis de l’économie biblique jusqu’à l’économie esclavagiste, le rapport de la consommation de l’Autre, de sa conservation, de la domestication à son exploitation. Les étapes dialectiques qui expliquent la constitution de l’esclavage comme parcours phénoménologique gu genre et du corps-sujet. [Sylvain ]

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Prométhée

Prométhée est ce mi-dieu de la mythologie grecque qui vole aux dieux le feu et les techniques pour réparer l’étourderie de son demi-frère Epiméthée : lors du partage primordial des qualités nécessaires à la vie de chaque espèce d’animaux, les hommes se retrouvent « nus et sans défense ». Alors Prométhée, leur fait cadeau du feu et des techniques après les avoir volés à Héphaïstos, dieu des forges (Vulcain). Prométhée est ainsi le symbole de l’aventure humaine du travail et des techniques. Dans l’œuvre de Michel Clouscard, Prométhée porte la valeur humaine du travail et la promesse de donner toute sa place à la praxis, œuvre humaine par excellence, ouvrant la voie de la construction du politique et de la subjectivité. [Rieu / Clouscard]

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Psyché

Psyché, autre grande figure mythologique désigne ainsi « l’âme », l’amour d’âme, qui est aussi l’âme-sœur de Prométhée : l’élaboration de la subjectivité, dont le mythe de Tristan et Yseult témoigne – Cf. Michel Clouscard : Traité de l’Amour fou, Scandéditions, Paris, 1993. [Rieu / Clouscard]

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rythme

1 ) dans “L’être et le Code”, le ryhtme et le corps-sujet , ontogenèse 2 ) dans ” Chemins de la praxis”, le genre et rythme : phylogenèse et le corps-sujet et le rythme : ontogenèse 3 ) le rythme est répétition qui permet la création continuée, l’Autre, mais c’est aussi la répétition qui reproduit le Même. [Sylvain ]

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Se faire

Proces de production du corps-sujet, dédoublement originel sujet-objet pour permettre le passage d’une praxis élémentaire (premiers hominidés ) à une praxis plus élaborée. Le procès de production émerge à partir de l’intentionnalité du persévérer dans l’être. La bipédie est produite, ce serait une conquête [Sylvain ]

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Spiritualité laïque

La spiritualité laïque n’est autre que la ré-élaboration des traditions spiritualistes, religieuses ou morales au moment où les praxis humaines accèdent à une totalité fonctionnelle (travail, institutions sociales, etc.). Mais la spiritualité laïque est aussi apport et création de nouvelles dimensions des valeurs sociales et humaines. Un tel projet est détaillé dans “Le Frivole et le Sérieux”, à la fin de “La Bête Sauvage”, ” Refondation Progressiste”. Par ailleurs, en termes conceptuels, la philosophie de la praxis pense que la subjectivité est un engendrement historique donc que la spiritualité doit être comprise dans l’histoire ( voir à propos de Feuerbach dans “chemins de la praxis” ) [Rieu / Clouscard]

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Sport

La haine et le mépris du sport caractérisent le libéralisme libertaire. C’est que les tenants du sport ne peuvent opposer à la statue de Praxitèle, le plus grand sculpteur de l’Antiquité, que la toile blanche de « Machin ». L’esthétisme mondain est inexistant face au sport qui est l’esthétique de la praxis. Le corps du sportif n’est-il pas aussi le corps du « sujet transcendantal », ou sujet de la connaissance ? Pour apprendre et connaître, ne faut-il pas tenir à distance l’esthétisme de Narcisse – le corps pour séduire – et savoir se distancier du corps-outil ? [Rieu / Clouscard]

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Substance

Mot à mot, « Substance » signifie ce qui demeure dessous, ce qui subsiste par-delà les phénomènes visibles. C’est la permanence des choses au delà des changements. C’est le plein de l’être par opposition aux changements incessants des phénomènes. Selon les philosophies, « Substance » équivaut à Essence des choses, au sens d’être plein, complet de tout ce qui existe, par exemple chez Hegel ; ou comme puissance divine de production de la variété des êtres et des choses, dans l’œuvre de Spinoza par exemple. Michel Clouscard définit le concept de Substance, à la suite de la tradition hégélienne, comme horizon de plénitude d’accès au monde, réconciliation de la nature et de la praxis humaine. [Rieu / Clouscard]

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sujet

[Sylvain ]

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Survie

Avec l’émergence de l’homme naturel, ( homo erectus), c’est la “survie” : étape où la subjectivité émergente discerne qu’elle doit réaliser le programme originel de l’être ( persévérer dans l’être ) par la saisie du devoir-faire du genre. [Sylvain ]

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synchronique

« état / synchronie », La synchronie est l’étude d’un état de référence, selon l’analyse des différences simultanées. [Sylvain ]

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temps : temps de l’être, temps du genre, etc …

[Sylvain ]

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verticalite

Bipédie. [Sylvain ]

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diachronique

(Linguistique) Qui est relatif à la diachronie, à l’évolution d’un fait dans le temps. [Sylvain ]

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synchronique

(Linguistique) Qui est relatif à la synchronie, l’étude des faits simultanés. [Sylvain ]

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